Oracle mise tout sur l’IA pour transformer son cloud en cash machine

Oracle vise 144 milliards de revenus cloud d'ici 2030 grâce à l'IA. Malgré une croissance de +34%, ses résultats déçoivent les marchés, accentuant la pression pour monétiser ses superclusters GPU et ses méga-contrats avec OpenAI.
À retenir
  • Oracle vise 144 milliards de dollars de revenus annuels pour son cloud d’ici 2030, en s’appuyant sur des partenariats stratosphériques avec OpenAI et d’autres géants de l’IA.
  • L’entreprise investit massivement dans des superclusters GPU à l’échelle du gigawatt pour l’entraînement des modèles, avec un backlog de commandes de 455 milliards de dollars.
  • Malgré une croissance trimestrielle du cloud de +34%, un chiffre d’affaires décevant a provoqué une chute boursière de plus de 7%, soulignant la pression pour monétiser rapidement.
  • La stratégie passe par l’intégration d’agents IA natifs dans ses logiciels d’entreprise (ERP, HCM) et une base de données vectorielle sécurisée pour connecter les données privées aux LLMs.

Une transformation cloud accélérée par la ruée vers l’IA

Oracle est en pleine métamorphose. Le géant historique des logiciels d’entreprise se repositionne avec agressivité comme un acteur incontournable du cloud et de l’intelligence artificielle, via sa plateforme Oracle Cloud Infrastructure (OCI). Cette transformation, cruciale pour son avenir, est aujourd’hui mesurée à l’aune d’un seul indicateur : sa capacité à générer des revenus récurrents et massifs.

Les derniers résultats trimestriels illustrent cette tension. Le chiffre d’affaires a atteint 16,06 milliards de dollars, en hausse de 14%. La croissance du cloud est robuste, avec +34% globalement et +68% pour l’infrastructure seule. Pourtant, ces chiffres, légèrement en deçà des attentes des marchés, ont entraîné une correction boursière sévère, l’action perdant plus de 7% en une séance.

Cet épisode souligne la pression immense qui pèse sur Oracle : les promesses d’une domination dans l’IA doivent rapidement se traduire en cash. Pour y parvenir, la société mise sur une stratégie à plusieurs volets :

  • Devenir l’infrastructure de référence pour l’entraînement des grands modèles de langue.
  • Intégrer l’IA de manière native dans toutes ses applications métier.
  • Sécuriser l’adoption de l’IA générative en entreprise.

Le pari infrastructurel est colossal. Oracle construit actuellement des « superclusters » de GPU optimisés pour l’IA, dont la puissance se mesure à l’échelle du gigawatt. Ces investissements en capital (capex) pharaoniques sont adossés à un carnet de commandes record, évalué à 455 milliards de dollars, alimenté par une stratégie multicloud.

Les partenariats annoncés sont à la hauteur de ces ambitions. Oracle s’est positionné comme un partenaire infrastructurel clé pour les leaders de l’IA, dont OpenAI, xAI (la société d’Elon Musk), Meta, NVIDIA et AMD. Le contrat avec OpenAI, évalué à environ 300 milliards de dollars, et le projet « Stargate » à 500 milliards de dollars avec SoftBank, Microsoft et Nvidia, en sont les manifestations les plus spectaculaires.

Au-delà de l’infrastructure, Oracle déploie une offre logicielle conçue pour l’ère de l’IA. Son « AI Database » permet de vectoriser les données d’entreprise de manière sécurisée pour les rendre interopérables avec des LLMs externes comme ChatGPT ou Grok. Parallèlement, l’entreprise intègre des agents IA natifs dans ses suites logicielles phares – ERP, gestion du capital humain (HCM) et outils de workflow – visant à booster la productivité et l’automatisation des processus métiers.

Les prévisions de Larry Ellison, le CTO et co-fondateur, résument l’ambition : 144 milliards de dollars de revenus annuels rien que pour l’infrastructure cloud d’Oracle d’ici 2030. Pour y parvenir, l’entreprise doit non seulement construire la puissance de calcul, mais aussi convaincre le marché que sa plateforme est la plus sûre et la plus intégrée pour déployer l’IA à l’échelle de l’entreprise.

Pourquoi c’est important

La transformation d’Oracle est un cas d’école de la reconfiguration du marché du cloud par l’IA générative. Elle démontre que la bataille ne se gagne pas seulement avec des GPU, mais avec une stack complète intégrant sécurité, données et applications. Pour les entreprises, l’émergence d’un quatrième grand cloud (OCI) centré sur l’IA pourrait redistribuer les cartes, offrant plus de choix et une pression concurrentielle accrue sur les prix et l’innovation. Le succès ou l’échec de cette stratégie influencera directement le paysage des fournisseurs d’infrastructure pour la prochaine décennie.

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