- Étienne Riot, chercheur et cofondateur de Rock, alerte sur l’absence de stratégie nationale pour l’implantation des infrastructures critiques de l’IA, comme les data centers.
- Leur développement anarchique en périphérie francilienne et dans les zones rurales rappelle le « boom » non maîtrisé des grandes surfaces dans les années 60-70.
- Les élus locaux manquent de visibilité sur les exigences énergétiques colossales de ces projets, compromettant une articulation cohérente avec les activités locales.
- Une doctrine territoriale est nécessaire pour anticiper l’impact, valoriser les ressources (comme la chaleur fatale) et maîtriser le rythme d’installation.
Un appel à la raison face à l’expansion anarchique
Alors que l’intelligence artificielle redessine en profondeur les modèles économiques et sociaux, son impact physique sur les territoires reste largement impensé. Étienne Riot, chercheur et cofondateur du cabinet Research office for city knowledge (Rock), tire la sonnette d’alarme. Pour lui, une planification territoriale de l’IA est devenue une nécessité urgente, à défaut de quoi la France risque de reproduire les erreurs du passé.
« L’absence de planification des data centers rappelle le ‘boom’ des supermarchés qui ont constellé la France à proximité des villes petites et moyennes », compare-t-il. Cette référence aux grandes surfaces des années 60-70, implantées sans vision d’ensemble, sert d’avertissement. Aujourd’hui, les infrastructures numériques critiques pour l’IA suivent une logique similaire, se développant massivement dans la très grande périphérie de l’Île-de-France ou dans des territoires ruraux attirés par ces investissements.
Le principal point de blocage identifié est le manque de visibilité des élus locaux. Ces derniers sont souvent démunis face aux exigences énergétiques des projets de data centers, dont la consommation peut rivaliser avec celle d’une ville moyenne. Sans cadre clair, il devient impossible d’anticiper l’articulation de ces géants du numérique avec les activités économiques et les réseaux énergétiques déjà présents.
Pourtant, des synergies sont possibles. La valorisation de la chaleur produite par ces centres, par exemple pour chauffer des serres agricoles ou des logements, représente une piste concrète d’intégration territoriale. Mais elle nécessite une réflexion en amont, au moment de l’implantation, et non a posteriori.
Au-delà de la gestion de l’énergie, la planification doit aussi porter sur le rythme d’installation et, à plus long terme, sur la possible reconversion de ces sites. En l’absence de stratégie nationale, c’est vers une doctrine territoriale que se tourne Étienne Riot, pour réguler et orienter ces implantations de manière cohérente.
Cet appel s’inscrit dans un contexte où les collectivités commencent à s’emparer de l’IA comme outil de pilotage urbain, pour la végétalisation ou l’adaptation au changement climatique. Des projets comme les démonstrateurs d’IA frugale du plan France 2030, à Paris-Saclay ou en Occitanie, montrent la voie d’une intégration réfléchie. La question des infrastructures de base, elle, reste le parent pauvre de cette réflexion.
Cette alerte intervient à un moment charnière où les investissements massifs dans l’IA se concrétisent par des infrastructures physiques gourmandes en espace et en énergie. Pour les entreprises, l’absence de cadre clair crée de l’incertitude et des risques de conflits locaux. Pour le secteur de l’IA, une mauvaise intégration territoriale pourrait freiner son développement et sa légitimité sociale. Enfin, sur le plan national, c’est la souveraineté énergétique et la cohérence de l’aménagement du territoire qui sont en jeu, nécessitant une régulation rapide avant que les faits ne soient irréversibles.
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