- La Commission européenne enquête sur l’utilisation par Google de contenus web pour entraîner ses IA, sans consentement ni compensation des éditeurs.
- Les éditeurs ne peuvent pas refuser ce scraping pour l’IA sans être déréférencés du moteur de recherche classique, un choix jugé abusif.
- L’enquête examine aussi la politique « site reputation abuse » qui pénalise les contenus affiliés, affectant les revenus des médias.
- Cette procédure s’inscrit dans le cadre strict du Digital Markets Act et pourrait déboucher sur de nouvelles amendes massives.
Une enquête formelle pour abus de position dominante
La Commission européenne a lancé une enquête antitrust formelle contre Google. Elle suspecte le géant d’avoir utilisé des contenus du web pour entraîner ses outils d’intelligence artificielle, sans permission explicite ni compensation financière pour les éditeurs.
Le cœur du litige réside dans un choix imposé aux sites web. Selon les éléments de l’enquête, Google ne permet pas aux éditeurs de refuser l’utilisation de leur contenu pour ses outils IA, comme les futurs AI Overviews, sans sortir entièrement de l’index de Google Search. Cette pratique est vue comme un abus de position dominante, verrouillant l’accès à une ressource cruciale pour la concurrence dans l’IA.
L’enquête s’intéresse également à l’utilisation potentielle de vidéos YouTube pour l’entraînement des modèles, sans possibilité de désactivation indépendante.
Cette procédure s’inscrit dans le cadre d’application renforcé du Digital Markets Act (DMA). Google Search y est désigné comme un « service de base », soumis à des obligations strictes de loyauté depuis mars 2024.
Une politique de déclassement qui inquiète les éditeurs
Parallèlement, Bruxelles examine la politique « site reputation abuse » de Google. Appliquée aux États-Unis en mai 2024 et en Europe en janvier 2025, elle vise à déclasser les sites publiant du contenu généré par des tiers, comme des articles d’affiliation ou sponsorisés.
La Commission évalue si ces déclassements « restreignent la capacité des éditeurs à monétiser et innover ». Des plaintes d’éditeurs européens, notamment allemands et britanniques, dénoncent déjà une perte significative de trafic et de revenus.
Google défend cette politique comme nécessaire pour « prévenir la manipulation des rankings » et garantir la qualité des résultats.
Un lourd passif antitrust et des enjeux nationaux
Cette nouvelle enquête s’ajoute à un long historique de contentieux entre l’UE et Google, ayant déjà donné lieu à des amendes records :
- 2,4 milliards d’euros en 2017 pour abus de position dominante sur Android.
- 2,95 milliards d’euros en septembre 2025 dans une affaire liée à la publicité.
En France, les tensions sur les droits voisins ont retardé le déploiement des AI Overviews. L’Autorité de la concurrence a infligé à Google des amendes de 500 millions d’euros en 2021 et 250 millions en 2024, avec une astreinte potentielle de 900 000 euros par jour en cas de non-conformité.
Si la Commission confirme les abus, Google s’expose à de nouvelles sanctions financières massives. L’enquête marque un tournant dans la régulation de l’accès aux données, devenue un enjeu central pour le développement de l’IA et la survie économique des médias en ligne.
Cette enquête définit les règles du jeu pour l’entraînement des IA en Europe. Elle pose une question fondamentale : les géants tech peuvent-ils s’approprier le contenu du web sans contrepartie ? Pour les entreprises, c’est un signal fort sur la protection de leurs données et modèles économiques. Pour le secteur de l’IA, elle pourrait redistribuer les cartes de l’accès aux données d’entraînement, un avantage compétitif majeur. Enfin, elle teste la capacité du Digital Markets Act à réguler les pratiques anticoncurrentielles à l’ère de l’intelligence artificielle.
Le monde va à toute vitesse. Et si vous embauchiez une assistante personnelle IA ?
Découvrez Lisa, une assistante virtuelle intelligente qui gère vos emails, suit vos projets, se connecte à vos outils (agenda, documents, finances) et construit une mémoire persistante de ce qui compte pour vous. Chaque jour, elle transforme le flot d’informations en décisions claires, protège vos 6 dimensions d’équilibre de vie et automatise vos routines. Pour seulement 10 € par mois, vous pouvez l’embaucher dès maintenant.